La Nomenclature Générale des Actes Professionnels. C’est le référentiel des actes que les professionnels de santé peuvent facturer à l’Assurance Maladie.
Actes, descriptions, lettres-clés de facturation, coefficients, majorations, règles d’association entre les actes, conditions de facturation selon contexte.
Tout y est..
Pour déterminer la cotation d’un acte, il est souvent nécessaire de croiser plusieurs règles.
Celles-ci sont interdépendantes, réparties à différents endroits et peuvent renvoyer à d’autres articles ou exceptions.
Forcément, mon petit cœur de dev s’emballe. Pourquoi faire simple avec un PDF quand on peut faire un back, un front et une base de données ?
L’acronyme NGAP est bien connu de tous les professionnels de santé libéraux. Par curiosité, je vérifie si le nom de domaine est encore disponible.
Et là… Bingo.
À ce stade, difficile de ne pas y voir un signe.
- Le projet venait de prendre un nom.
- Santryk, son premier canal d’acquisition.
- Moi, deux mois de vie en moins.
Le nom de domaine m’a coûté 822 € et le VPS 103 € pour l’année.
À ce stade, NGAP 1 n’est qu’un simple moteur de recherche de la nomenclature.
Malheureusement, un moteur de recherche, aussi pertinent soit-il, ne résout pas un véritable problème dans le quotidien d’un professionnel de santé.
En l’état, le ratio entre le temps de travail investi et le gain utilisateur est clairement négatif.
Ce qui ferait réellement la différence serait de formaliser l’ensemble des règles, conditions de cumul, contraintes et majorations au sein d’un moteur de règles. 2.
Donc, transformer cette première itération en un véritable outil de facturation, avec à la clé la possibilité d’en faire un produit payant.
Mais la manœuvre me fait le même effet que l’ajout d’un if3 dans une codebase.
Plusieurs voies se dessinent :
- Arrêter là et consacre désormais tout mon temps à Santryk ?
- Changer de cap, abandonner l’idée d’une marketplace au profit d’un logiciel de facturation ?
- Ou existe-t-il un compromis ?
Nous verrons..
Je vais finir avec la citation suivante qui colle bien avec la thématique :
Choisir c’est renoncer.
Elle est attribuée à André Gide, mais la formulation d’origine est bien plus élégante.
Je vous laisse la découvrir en bas de notes 4.
À bientôt
Un moteur de règles (rule engine) est un composant applicatif qui permet de formaliser un ensemble de règles métier, leurs interdépendances, leurs conditions d’application et les actions qui en découlent.
Mais c’est aussi un code source qui a une structure intéressante, car elle permet d’encoder un nombre indéfini de règles métier sans que leur complexité ne se matérialise sous la forme d’une succession de
if. ↩︎ifest une instruction commune à de nombreux langages de programmation. Elle nous permet d’exécuter une instruction en fonction du résultat d’une condition booléenne (vrai ou faux).Une possibilité s’ouvrent alors : si la condition est vraie, une première branche est exécutée. Si elle est fausse, une autre peut l’être. ↩︎
André Gide, Les Nourritures terrestres, p. 68 :
J’enrageais de la fuite des heures.
La nécessité de l’option me fut toujours intolérable ; choisir m’apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n’élisais pas.
Je comprenais épouvantablement l’étroitesse des heures, et que le temps n’a qu’une dimension ; c’était une ligne que j’eusse souhaitée spacieuse, et mes désirs en y courant empiétaient nécessairement l’un sur l’autre.
Je ne faisais jamais que ceci ou que cela. Si je faisais ceci, cela m’en devenait aussitôt regrettable, et je restais souvent sans plus rien oser faire, éperdument et comme les bras toujours ouverts, de peur, si je les refermais pour la prise, de n’avoir saisi qu’une chose.
L’erreur de ma vie fut dès lors de ne continuer longtemps aucune étude, pour n’avoir su prendre mon parti de renoncer à beaucoup d’autres.
N’importe quoi s’achetait trop cher à ce prix-là, et les raisonnements ne pouvaient venir à bout de ma détresse.
Entrer dans un marché de délices, en ne disposant (grâce à Qui ?) que d’une somme trop minime ; en disposer! choisir, c’était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste — et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n’importe quelle unité. ↩︎